Je n’ai pas écrit d’articles depuis des mois. Des années. Je n’ai pas pour autant annulé l’abonnement de ce blog qui héberge un historique de Bénédicte. Elle avait des rêves et elle ne les a plus suivis. Ou plutôt elle en a suivi d’autres.
J’ai l’impression de ne plus savoir écrire.
Ni en français, les mots me manquent et j’ai perdu la cadence. Je sais plus ce qui est grammatiquement correct. Pas que c’eût été une variable importante, mais je sais même plus faire la différence quand je fais exprès de faire une faute pour le style (oui c’est un truc) ou que je la fais parce que je ne sais plus écrire.
Ni en anglais, je suis câblée vocabulaire LinkedIn de trentenaire, relecture chatgpt et hope this email finds you well. Boring, à souhait.
Ni en allemand, je n’ai d’ailleurs jamais vraiment su, et du coup je fais des textes osés qui font rigoler, mais je ne sais pas si les gens rigolent & apprécie parce que j’ai le capital sympathie de la française qui s’essaie (il y a quelques semaines je déclamai un texte de slam à Munich et en allemand qui a été très bien accueilli, j’en suis ravie).
Malgré tout, écrire m’habite encore et toujours. Mais ça prend de l’énergie. Cérébrale, mentale. Ces deux dernières années j’étais vidée. Transformer l’eco-anxiété en s’engageant à fond fait des miracles, à condition de pas aller trop loin. Et trop loin, j’y suis allée. KO, la Béné.
Depuis quelques mois je reprends mon souffle. Et enfin, mon envie retrouve son acolyte, énergie.
Je suis aussi plus sage et moins ambitieuse: J’arrête de croire qu’il faut être bonne pour écrire. Il faut écrire pour devenir bonne. J’accepte aussi écrire avec mes tripes, que c’est une force à utiliser avec finesse et délicatesse, au risque d’être fragile.
Alors j’ouvre grand la porte de ma vulnérabilité. Il y aura des textes nuls et des textes bons. Et les nuls seront les plus appréciés, les bons les moins lus. Mais ils auront été écrits.